• Méchant Cavaignac, gentil Lévy

    Règlement de compte à retardement

    Square Gustave Kahn

    Lettres d'un prisonnier de guerre à ses parents

    Mosellans dans l'aviation allemande en août 1918

    Automne

    Marraine des Poilus

    6 août 1914

     

    Je cherche la rue Jésus Christ injustement condamné par le Sanhédrin 0-33

    Il est incroyable de trouver le temps et les moyens de réviser sélectivement des procès du 17e siècle, concernant des faits divers, alors qu'il existe aujourd'hui tant d'injustices, notamment envers les plus faibles, envers ceux qui ne peuvent se défendre, et dont on ne parle jamais. Il est imbécile de ressasser ce qui plaît aux puissants, de pleurnicher en se regardant le nombril. Ce serait une vraie mesure de justice d'honorer les soldats de 14-18, qui ont souffert et sont morts pour nous, je cherche vainement certains de leurs noms sur les murs de la ville.

    Le fils de Louis-Eugène Cavaignac, Godefroy, était convaincu de la culpabilité de Dreyfus, j'imagine que ça ne doit pas plaîre aux puissants qui imposent les changements de noms de rues. Son père, Jean-Baptiste, a voté la mort du bon roi Louis XVI, c'est plutôt républicain, non ?

    Méchant Cavaignac, gentil Lévy

    "A la fin de la cérémonie des Vêpres et en voyant la nombreuse assistance des femmes, un sentiment inconnu a pris naissance en moi et s'est développé jusqu'à me tenailler le coeur. J'ai ressenti profondément la noblesse de la femme et l'égoïsme de l'homme. Si j'avais été prédicateur, il me semble que tout en exhortant les femmes à remplir leurs devoirs, j'aurais reconnu hautement la supériorité du rôle social de la femme sur celui de l'homme.

    Le rôle de l'homme est plus apparent, plus célébré ; il s'avance dans la vie comme un coq orgueilleux, fier de ses exploits. Mais celui de la femme, cet être plus faible physiquement, est autrement sublime parce qu'il est plus voilé et qu'il s'accomplit avec plus de souffrances, souvent cachées.

    Bien sûr, les hommes souffrent durant la guerre et souffriront encore, mais pour eux ce n'est pas habituel, tandis que pour beaucoup de femmes la vie ordinaire sans la guerre est une suite continuelle de peines.

    Le dévouement des soldats est trop exalté, nous sommes trop louangés à côté des femmes. Je ne pense pas aux souffrances particulières des femmes des régions envahies, je veux parler de la situation des femmes de France en général.

    Ceux qui partent à la guerre sont évidemment à plaindre, mais je plains encore plus celles qui restent. Les soldats auront de bons moments dans leurs aventures guerrières ; ils n'ont pas à gagner leur nourriture ; ils n'ont à s'occuper que d'eux. Ils vont offrir leur vie au pays, ils ont le bon rôle et ne souffrent pas comme les femmes restées à la maison.

    Celles-ci doivent s'occuper des enfants, des vieillards et faire le travail de l'homme parti à la guerre. Les enfants sont une source particulière de souffrance pour une mère. Comment accepter que ceux qu'elles ont élevés avec tant de soin et d'amour doivent aussi donner leur sang pour la patrie ? On ne comprend souvent que trop tard dans la vie combien on doit à sa mère. La souffrance active l'amour maternel, c'est pour cela qu'il est si puissant.

    Bien sûr, je parle en général, car je sais que certaines femmes semblent très favorisées par le bonheur, du moins en apparence. On en voit jouir dans la vie en déesses adulées par leurs proches et auréolées d'un bonheur souvent factice. Ces mondaines ou autres, il ne faut pas les envier, car elles ont fui leur devoir de mère ou d'épouse et ne font ni le bonheur d'une famille et encore moins celui de la société."

    Lettre du caporal Charles Guilbault à sa femme, Pâques 1915, cité par Alain Douillard, Au bonheur de la Poste, Editions du Petit Pavé, Vauchrétien, 2004, p. 123

    "Depuis mon arrivée ici, beaucoup de soldats se sont défilés de la tranchée pour une raison ou une autre. Ils ont trouvé à employer leur activité ou leurs aptitudes pour la défense de la France dans des endroits plus calmes... Résultat, il ne reste presque plus dans les tranchées que des cultivateurs ou des ouvriers."

    Lettre du caporal Charles Guilbault à sa femme, 12 février 1916, ibid., p. 181

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